A.C.T.U.E.L.
David et Goliath
aujourd'hui
1 Samuel 17
Paul
Viallaneix
Publiée dans l'hebdomadaire
« Réforme » le 5 mars 1988
28 mars 2004
Quand l'histoire se répète, la farce n'est pas loin. On a tort de ne plus lire
Marx qui l'avait observé. Le phénomène se
produit maintenant sous nos yeux, du côté de Gaza,
d'Hébron et de Naplouse.
C'est toujours David qui brave
Goliath avec une simple fronde et
quelques pierres tirées de son sac de berger. Mais David,
cette fois, a changé de camp. C'est lui le Philistin, qui
dispute aux Israélites la Terre Promise.
Ni la France ni
l'Angleterre embarrassées de
leurs empires, ni les États-Unis au Vietnam, ni l'Union
Soviétique en Afghanistan n'auront eu raison de la force des
frondes.
Comment se l'expliquer sans se référer à la
force des choses ? ... que l'un des deux adversaires, comme
David repoussant le casque et l'épée que lui tend Saul,
rompe la convention, le voici à la fois désarmé
et invincible.
L'armée
israélienne, la meilleure qui
soit, se trouve désemparée au milieu de la nuée
de ces gamins qui l'assaillent à coups de pierres sans
chercher à faire front.
On dira, M. Sharon se dit peut-être, que Tsahal reprendrait le
dessus à coups de canons et de lance-flammes. Mais non,
précisément. Elle perdrait l'honneur sans gagner la
victoire, comme d'autres armées où certains d'entre
nous ont pu servir contre leur conscience. A la différence de
l'action terroriste qui, fuyant elle aussi l'affrontement, finit
néanmoins par fortifier la résolution du peuple
agressé, la guérilla des frondeurs
dérègle l'ordre qu'elle défie.
En Israël, les attentats palestiniens
servent de repoussoir au patriotisme. Les jets de pierres portent le
trouble dans les esprits et les coeurs...
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