A.C.T.U.E.L.
David et Goliath
aujourd'hui
1 Samuel 17
Roger
Parmentier
avril 1988
28 mars 2004
Les Églises longtemps impérialistes et
triomphalistes, permettant à
la
« chrétienté » de régner par tous les moyens, se trouvaient
amoindries et démunies à la fin du XXe
siècle.
Elles avaient dû reculer sous les coups de la
laïcité, de la démocratie, de l'humanisme, de
l'esprit scientifique, du marxisme, de la sécularisation... et
c'était une très bonne chose !
Mais les concurrents de la
chrétienté tels
l'islam (sorte de chrétienté musulmane) et les
« forces de
progrès » (comme on
les appelait parfois) se muaient souvent en totalitarisme et
intégrismes. On en trouvait chez les protestants et chez les
catholiques, en URSS et aux USA, au Chili, chez les Israéliens
et en Iran... Le plus redoutable d'entre eux s'appelait
Goliath.
Il était l'intégrisme
total, pur et dur, polymorphe. Sa
stature et son comportement suscitaient la panique. Sa puissance
était militaro-policière, économique et
psychologico-médiatique. Il défiait les Églises
et leur proposait de choisir un champion qu'il affronterait en combat
singulier. Mais, malgré quelques matamores, nul ne se souciait
réellement de se lancer dans une telle aventure.
C'était la débandade.
De petits groupes, composés de
chrétiens critiques et non-conformistes s'avancent alors. Depuis pas mal de temps ils
tentaient d'inventer un christianisme joyeusement autocritique et
sécularisé, ressemblant au mouvement informel des
origines.
Ils décapaient les textes fondateurs et les reformulaient.
Rejetant tout triomphalisme, ils prenaient leur part de
responsabilité dans les syndicats et les partis laïcs,
les associations tiers-mondistes et anti impérialistes.
Volontiers frondeurs, rénovateurs, habitué à ne
pas se laisser impressionner par leur situation de minoritaires,
habitués à dominer leurs angoisses, il avaient acquis
une certaine dextérité dans les lutte et savaient
frapper juste et au bon moment. Ce vécu personnel et collectif
avait fortifié leur paisible détermination.
Arrivés sur le champ de bataille
quand les Églises reculaient
en désordre devant le Goliath intégriste, ils avaient
accepté de se battre pour le présent et l'avenir de
l'Évangile.
Des Églises leur proposèrent aussitôt
l'énorme arsenal traditionnel qui avait beaucoup servi :
dogmes autoritaires, traditions, lectures fondamentalistes,
institutions répressives, mentalités
impérialistes, aide intéressée des classes
dominantes, mais aussi mysticisme et piétisme,
vénération des bâtiments grandioses et des
icônes, goût du sacré et amour des
liturgies.
Mais ils
refusèrent, estimant que ces
armes étaient périmées, spirituellement
inadaptées et encombrantes. Ils comptaient davantage sur leur
Inspirateur, sur l'Esprit frondeur et sur les cailloux du torrent
dont ils avaient l'habitude.
Aujourd'hui la bataille est
engagée : à votre
avis, qui l'emportera ? Mais si nous voulons vaincre les
intégrismes adverses, commençons par nous
débarrasser du nôtre !
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