Église de la Madeleine à Paris. photo Gérard
Chevalier
2 octobre 2005
Au fronton de l'église de la Madeleine à
Paris, lorsqu'on lève les
yeux, on est saisi par cet imposant personnage. Il est placé
très haut. Il est très grand. Et son étrange
coiffure accentue les traits figés de son visage.
On comprend qu'il représente le
Christ. Mais à sa droite et
à sa gauche il est entouré par deux grands anges aux
ailes puissantes et dont les traits sans expression montrent que
l'heure n'est pas à la détente ! D'autant plus que l'un
d'eux brandit une épée et menace les malheureux qui
cherchent à lui échapper. Il y a bien la jolie
Madeleine, assise à ses pieds, qui pourrait mettre une note
de tendresse dans un tableau si dur, mais elle apparaît peu et
aucun des personnages ne lui prête attention.
C'est sous le roi Louis-Philippe que
cette terrible sculpture fut imaginée. Comment a-t-on pu pervertir à ce point
l'image du Sauveur ? Loin de s'entourer de mauvais anges gardes
du corps, de dominer et de repousser les hommes, Jésus-Christ,
bien au contraire est apparu comme notre défenseur. Il est
celui qui nous protège et nous défend lorsque nous
sommes accusés, menacés, exclus.
Les Pharisiens tenants de la morale
stricte, Pilate gardien de l'ordre public à l'ombre des croix n'ont pas supporté
la tendresse de Dieu qu'il nous révélait, la paix qu'il
nous rendait le courage qu'il nous communiquait. Ils l'ont
condamné, ils ont voulu l'éliminer car ainsi se
conduisent les puissances aliénantes. Et sous Louis-Philippe
on on a même réussi à le représenter sous
les traits d'un juge terrifiant.
Lorsque nous passerons rue
Royale, nous aurons un regard de
défi pour cette sinistre scène
représentée au sommet des grandes colonnes de la
Madeleine et nous nous réconforterons en pensant au vrai
Jésus-Christ qui se dresse contre toute cette
méchanceté au nom du Dieu sauveur !

photo Gérard
Chevalier
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