Spiritualité des images

Balloon Dog (Magenta)
1995-2000
Acier chromé inoxydable
Jeff Koons à Versailles
Jusqu’au 4 janvier 200
.
Gilles Castelnau
17 novembre 2008
La confrontation de tableaux classiques avec l’art moderne est fréquente de nos jours - le Louvre vient ainsi d’exposer d’avril à juillet derner des œuvres de Jan Fabre devant les grands tableaux de Rubens et dans les salles des peintres allemands et flamands du 17e siècle.
Maintenant c’est au tour du château de Versailles de s’ouvrir à ce genre d’expérience.
Mais alors que les salles du Louvre étaient corrompues et déshonorées par les symboles mortifères et gores de Jan Fabre, l’humour et la bonhomie de Jeff Koons introduit l’air frais d’un sourire dans l’atmosphère étouffante des dorures du Roi Soleil.
Voir le château différemment, dit-on. Effectivement. Les rondeurs de ces grands jouets d’enfants qui semblent gonflés d’air comprimé, leurs couleurs vives et métalliques, l’absence absolue de prétention à une quelconque beauté ou une utilité improbable, font plaisir à regarder et attirent les nombreux flashs des Japonais - et des Français - amusés, bon public et séduits.

Galerie des glaces
Mais alors comme la grande beauté des appartements royaux apparaît dans toutes sa superbe, son orgueil, sa folie dépensière et arrogante.
La Galerie des glaces récemment rénovée est magnifique. Les tapisseries des appartements royaux refaits à l’identique rayonnent de leurs superbes couleurs et de leurs ramages. Les commodes, les fauteuils, les tableaux, tout est un enchantement pour les yeux et suscitent une admiration qui coupe le souffle.

Homard
Et c’est alors qu’un détour d’un couloir cet immense homard rouge pendu au plafond, fige le visiteur sur place tant il est inattendu et incongru.

Ou ce garçon vêtu de doré tenant sur son genou un singe pareillement habillé
La carapace du homard tout à fait décorative, le vêtement du garçon et du singe, de même que les autres « sculptures » qui sont toutes du même style, s’accordent finalement assez bien à la pompe baroque du Grand Siècle, avec ses couleurs et l’infinie variété de ses sculptures, de ses stucs, de ses rideaux et de ses dorures.
Mais l’allure de Bibendum des animaux de Jeff Koons fait alors apparaître un peu clinquant le décor somptueux du château. La fatuité est ainsi dénoncé par le jeu et l’humour enfantins.

Louis XIV
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