Spiritualité des images

Vue de la Seine avec une diligence
Georges Michel
1763-1843
Paris, musée du Louvre
« tableau du mois »
aile Richelieu
2e étage, salle 17
jusqu’au 1er juin 2009
.
Gilles Castelnau
18 mai 2009
Longtemps avant les impressionnistes de Barbizon, Georges Michel nous entraîne dans les fantasmes du monde romantique et les angoisses des temps enfiévrés du Premier Empire.
Un immense nuage noir envahit le ciel. Une obscurité menaçante tombe sur le paysage et va bientôt recouvrir le village frileusement groupé sur la pente de la colline avec ses pauvres maisons, son moulin et sa petite église.
La diligence qui représente le seul signe de vie et qui figure dans le titre du tableau, quitte la tâche de lumière qui subsiste encore et fonce au galop de son cheval, tout droit vers l’ombre qui avance...
La fragile lumière qui subsiste encore sur le village et sur la rivière est sur le point d’être engloutie dans les ténèbres qui semblent vraiment maléfiques. Pourquoi d’ailleurs sont-elles si sombres, hostiles et inquiétantes ? La colère de Dieu s’abat-elle sur le monde ? Ou est-ce le diable ? l’angoisse qui monte en nous ne fait-elle que prolonger le malaise que provoque la rigueur de la police impériale, la menace terrible de la guerre qui va peut-être nous dévorer tous par son arrivée irrésistible ?
Pauvre de nous !
Est-ce du courage qu’il nous faut pour tenir le coup et accompagner la diligence dans sa course folle dans l’orage inévitable ? Ou de la foi peut-être ?
Ou au contraire devrons-nous nous associer à ces forces du mal en une monstrueuse collaboration avec la nuit et le brouillard qui dominent et nous faire soldats, policiers, agents du diable ?
Ou disciples fidèles du monde de la vie, résister comme des anges de la lumière ?
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