
Veilhan à Versailles
Une exposition d’art contemporain de Xavier Veilhan
au château de Versailles
jusqu’au 13 décembre 2009
Gilles Castelnau
28 septembre 2009
Dans la cour d’Honneur, la cour Royale, les escaliers Gabriel et de la Reine, et les jardins du château de Versailles des œuvres modernes détournent pour un instant le regard des visiteurs.
Après l’Américain Jeff Koons l’an dernier, c’est le Français Xavier Veilhan qui reçoit l’honneur d’installer des sculptures dans l’environnement du château de Versailles afin de créer un lien entre notre période actuelle et le siècle prestigieux du Roi Soleil.

On est accueilli dès l’abord par l’étonnante silhouette du carrosse royal que l’on reconnaît parfaitement de loin, mais qui perd tout réalisme lorsqu’on s’en approche.
Veilhan écrit :
« L’art est un outil de vision au travers duquel il faut regarder pour comprendre notre passé, notre présent et notre futur. »
Il tend, par ses œuvres, à éloigner de nous la présence écrasante du palais et de son grand roi, de la majesté de l’endroit et de la somptuosité qui nous coupe le souffle. S’il avait fait apporter un véritable carrosse dans la cour, si l’on avait pu y faire un tour moyennant quelques euros, on aurait eu l’impression d’être contemporain, pour un instant, de tous ces personnages du passé qui vivaient là. Mais cet ensemble d’aluminium peint d’une étrange couleur lie de vin ne ressemble plus à rien et nous interroge sur le sens de tout ceci.

Dans le parc, devant la façade du château, Veilhan place sur de hauts supports des personnages de métal gris qui tournent tous le dos au château et regardent d’un air pensif le jardin magnifique voulu par Louis XIV et les visiteurs en vêtements de promenade, qui le photographient.
Ces images ont un dépouillement et une simplicité qui ne peuvent en rien attirer l’attention sur elle, si ce n’est pas la très grande hauteur à laquelle Veilhan les a placées. C’est de là-haut qu’elles considèrent le monde : ces jardins si beaux, ces sculptures magnifiques que les jeunes filles photographient, ces miroirs d’eau reflétant le ciel et la belle façade du château, cette gloire du passé, cette cruauté insensée qui a laissé toute cette beauté réalisée au prix de la ruine d’un peuple et de tant de sang versé...

Mais Veilhan n’est pas maussade. Au milieu de grand canal où des gens font paisiblement de la barque, il nous dresse un immense jet d’eau que le gens, ravis, photographient volontiers.
Les billets d’entrée sont un peu chers, mais que tout ceci est donc beau, que la magnificence passée du grand siècle est donc lointaine, que les enfants sont donc contents d’être venus. Et comme Louis XIV est donc oublié !

Tout ceci est sans importance. Veilhan n’a pas seulement réalisé les œuvres de Versailles. Il a aussi fait, pour le centre Pompidou, un rhinocéros rouge. Lui aussi mérite la visite !