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Spiritualité du dialogue

 

 

Un autre regard sur Dieu ? Un autre regard sur l'homme ?

 

Pasteur Jean Dumas

 

Conférence Mondiale des Religions pour la Paix

 

Halte spirituelle à l'abbaye d'Aiguebelle, Drôme

 

20 août 2005
Il est possible de parler de Dieu
sans qu'ils soit question de dialogue entre croyants. La question est alors : qui est Dieu ?

 

On peut aussi s'enrichir d'un dialogue entre croyants, entre un catholique et un protestant par exemple, sans évoquer ce que l'un et l'autre pensent de Dieu : il est le même, hier, aujourd'hui, toujours. Cela va de soi, il serait vain, voire sacrilège de le mettre en question.

 

Or, je voudrais approfondir la richesse du dialogue entre croyants en lien étroit avec celui qui nous unit à Dieu, le Père des croyants.

 

Je voudrais montrer que le regard que je porte sur Dieu s'enrichit du regard que l'autre porte, de son côté, sur le même Dieu. Il faut la vision des deux yeux pour découvrir le relief du paysage : un seul oeil n'évalue pas les distances et voit tout à plat. Voir, comprendre, entendre Dieu à plusieurs lui donne relief et grandeur.

 

1

 

Dans un premier temps, je veux préciser les deux termes de dialogue et de spiritualité, en évacuant la compréhension banale et médiocre que la mode leur donne. Il est en effet de bon ton de préconiser le dialogue comme remède soi-disant facile aux problèmes d'aujourd'hui, dialogue entre l'homme et la femme dans le couple, dialogue social pour résoudre les conflits de la modernité, ou dialogue interculturel pour rétablir la paix là où surgissent les violences les plus sanglantes dans le monde.

 

De même, la spiritualité est à la mode. Il n'est qu'à consulter les rayons classés « ésotériques » d'une librairie, bien plus fournis que ceux du rayon « religion », pour constater combien nombreux sont nos contemporains qui sont en quête d'exercices spirituels de toutes sortes afin de se sentir mieux dans leurs corps et dans leur mental !

 

1° La spiritualité. A première vue, il s'agit d'esprit. Il n'est pourtant nullement question d'évoquer les esprits ! Je vous propose alors de suivre le terme grec qu'utilise le Nouveau Testament pour dire l'esprit : pneuma. Il s'agit du souffle. Je parlerai donc du souffle, plutôt que de l'esprit. La vie est souffle. La première page de la bible nous montre Dieu façonnant un personnage avec de l'argile. Puis, il souffle sur lui pour qu'il devienne un être vivant. Et quand l'homme perd son souffle, il perd la vie.

 

L'évangile de Jean nous précise que l'homme naît d'un premier souffle, lorsqu'il sort de la matrice maternelle - et la mère guette son premier cri de nouveau-né pour s'assurer qu'il est bien vivant ! Puis l'Évangile nous évoque la seconde naissance, qui s'opère lorsque cet homme reçoit le Souffle d'en-haut. C'est alors que commence une nouvelle vie, animée, vitalisée, dynamisée par le Souffle de Dieu.

 

- Comment un vieil homme peut-il naître ? questionne Nicodème Jean 3. Peut-il revenir dans le ventre de sa mère et naître une seconde fois ?
- Eh bien oui, lui répond Jésus, je te dis qu'il faut naître du souffle. Ce qui naît de la chair est chair, et ce qui naît du Souffle est esprit.

 

Je fais remarquer ici que le même mot désigne le Souffle de Dieu et le souffle de l'homme. On les distingue parfois en parlant du Saint Esprit, quand il s'agit de Dieu, qui n'aurait rien à voir avec l'esprit humain. Et certes, je ne dois pas avoir la prétention que mon esprit s'identifie à l'Ésprit de Dieu ! Mais le langage biblique m'aide à comprendre que mon souffle n'emplit et n'anime pleinement ma vie que s'il est accordé au Souffle de Dieu.

 

C'est ainsi que le diacre Etienne était, nous dit le livre des Actes, « habité par le Souffle saint. » De même l'apôtre Paul, et tant d'autres, sont déclarés « habité du Souffle saint de Dieu »

 

Telle est la spiritualité dont je veux parler.

 

2° Comme je l'ai dit, le mot « dialogue » est lui aussi à la mode. Mais il y a plusieurs niveaux de dialogue. Ce peut n'être qu'un échange verbal de mots : « il fait beau aujourd'hui  », « bonne année, bonne santé ! ». Je peux me contenter de dire à l'autre « que penses-tu du retour de Zinédine Zidane dans l'équipe de France de football ? » Mais je peux aussi lui dire ce qui a de la valeur à mes yeux et dans ma vie, et lui demander ce qui a de la valeur à ses yeux. Il faut encore que les mots deviennent paroles.

 

La parole, effet de souffle sur les cordes vocales, peut donc exprimer aussi ce qui fait vivre et ce que fait vibrer en moi le Souffle du Père. Alors la parole échangée devient partage existentiel.

 

3° Ainsi sont associés les deux mots « Souffle » et « Parole ». La Parole a été faite chair dans la personne de Jésus de Nazareth, et le Souffle du Père l'a imprégné de la vie d'en-haut au jour de son baptême. Dans la personne de Jésus, souffle et parole ont été liés tout au long de sa vie, depuis son baptême jusqu'à sa mort et jusqu'à sa résurrection. Jésus parle, et les démons sont expulsés. Jésus parle, et les pauvres, les artisans de paix et les assoiffée de justice deviennent heureux. Ressuscité, Jésus souffle sur ses disciples lorsqu'il leur apparaît, et ils deviennent proclamateurs de pardon.

 

Les trois premiers évangiles aiment montrer que Jésus est le seul habité du double don du souffle et de la parole. Ceux qu'il rencontre, les malades, ou les disciples eux-mêmes, ne le comprennent pas vraiment et sont présentés comme des nains de la foi en face d'un Jésus souverain.

 

Le quatrième évangile, quant à lui, nous présente quelques personnages que Jésus rencontre et qui savent, eux, entrer en dialogue à égalité avec Jésus. L'aveugle-né guéri sans avoir vu Jésus sait qu'il vient de Dieu ; Marthe, dont le frère Lazare vient de mourir, reconnaît que Jésus est le fils de Dieu ; et la femme samaritaine entame avec Jésus un dialogue en profondeur à Sychar.

 

Qu'est-ce donc qu'un dialogue vrai, dont les deux interlocuteurs sont tous deux soucieux de le vivre dans la force du Souffle ? Spiritualité du dialogue : comment la définir ?

 

Je vous propose maintenant de lire ensemble le dialogue entre Jésus et la femme samaritaine, avec en arrière-fond dans notre esprit ce qui fit de cet entretien, comme on nomme parfois ce récit, un véritable partage de Souffle et de Parole.

 

2

 

Évangile de Jean, 4, 1 à 42

 

Le Seigneur sut que les pharisiens avaient appris qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean.

Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples.

Alors il quitta la Judée, et retourna en Galilée.

Comme il fallait qu'il passât par la Samarie, il arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.

Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure.

Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire.

Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.

La femme samaritaine lui dit : Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? - Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains -

Jésus lui répondit : Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive.

Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond ; d'où aurais-tu donc cette eau vive ?

Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ?

Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.

La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici.

Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici.

La femme répondit : Je n'ai point de mari. Jésus lui dit : Tu as eu raison de dire : Je n'ai point de mari.

Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.

Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.

Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.

Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité.

La femme lui dit : Je sais que le Messie doit venir (celui qu'on appelle Christ) ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses.

Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.

Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit : Que demandes-tu ? ou : De quoi parles-tu avec elle ?

Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens :

Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce point le Christ ?

Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.

Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant : Rabbi, mange.

Mais il leur dit : J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.

Les disciples se disaient donc les uns aux autres : Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ?

Jésus leur dit : Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre.

Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.

Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.

Car en ceci ce qu'on dit est vrai : Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.

Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé ; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail.

Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle de la femme : Il m'a dit tout ce que j'ai fait.

Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours.

Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.

 

 

3

 

A

Jésus traverse la Samarie. Autrefois capitale du royaume d'Israël, au nord - le royaume de Juda est au sud avec Jérusalem comme capitale - la ville de Samarie fut prise par les Assyriens 700 ans avant Jésus, et sa population fut déportée. Les vainqueurs, de religion païenne, remplacèrent les habitants par une population d'idolâtres. Le pays ne retrouva jamais son indépendance. De sorte qu'au temps de Jésus, les Samaritains mêlent une religion juive qui se démarque du judaïsme de Jérusalem, avec les pratiques païennes des assyriens. D'ailleurs, les Samaritains restés juifs ne reconnaissent pas le temple de Jérusalem et ont construit un temple rival sur le mont Garizim. La petite ville de Sychar se situe au pied du Garizim.

 

Dans le cours de leur entretien, Jésus rappelle à la samaritaine qu'elle a eu 5 maris et qu'elle vit avec un 6homme. Il faut ici se souvenir que les Assyriens ont déplacés 6 peuplades païennes, pour peupler la Samarie, et qu'elles ont chacune introduit leurs dieux et leurs cultes.

 

Ainsi, le 4e évangile nous décrit un dialogue interreligieux.

 

B

Le dialogue commence par la demande de Jésus : « donne-moi à boire ». Simple parole banale. Mais tout de go la samaritaine va au coeur de la rencontre avec cet inconnu : « quoi, toi, un Juif, demander à boire à une femme de Samarie ? » Elle veut comprendre. Et elle ne donnera pas à boire au Juif inconnu !

 

Dans l'échange qui suit, la Samaritaine désigne Jésus par plusieurs noms : il est d'abord « le Juif », ensuite « le passant », puis « seigneur », puis « prophète », pour être identifié enfin au « messie ». Je note que c'est la femme païenne qui, peu à peu, précise l'identité de son interlocuteur.

 

De son côté, Jésus identifie la femme comme « polyandre » (bien qu'elle ait eu ces hommes non pas en même temps, mais successivement). Il reconnaît le paganisme de la femme (6 hommes, comme les 6 peuplades païennes composant les habitants de la Samarie). Et il ne s'en offusque pas. Bien au contraire, il ouvre son propre horizon religieux juif pour dépasser la religion samaritaine et aboutir au culte du Père « dans le Souffle et la Vérité ».

 

C

Qu'est-ce que l'adoration du Père par le Souffle et la Vérité ?

Certains y voient le fondement d'une mystique spiritualiste. Ils pensent que Jésus refuse tout rite et tout culte, toute religion institutionnalisée. Il n'y aurait plus ni protestantisme, ni catholicisme, ni judaïsme ni islam, il s'agirait de vivre une religion supérieure, qui se vivrait dans la seule contemplation, la prière, et la mystique, communes à toutes les religions.

 

Il est vrai que ceux qui pratiquent le dialogue des religions découvrent qu'elles ont, toutes, la prière et la méditation comme pratiques communes. Un moine chrétien se trouve être très proche d'un moine bouddhiste. La récitation priée des psaumes ou du Coran se ressemblent, de même que le chant et la musique religieuse, quoique sous des formes très différentes, sont pratiquées dans toutes les religions.

 

Si ces « exercices spirituels », pour reprendre le mot d'Ignace de Loyola, sont si prisés de nos jours, comme en témoignent le nombre impressionnant de stages, ou de mouvements parareligieux proposés au public le plus large, il ne faut pas s'en étonner. Nos sociétés technicisées ont évacué toute « spiritualité », en déclarant obsolète tout ce qui reste improductif. « Je ne crois que ce que je vois », m'a dit un jeune garçon de 12 ans. Il y a tant de choses à voir en effet : la télévision, le cinéma, l'ordinateur, et maintenant nos téléphones portables nous abreuvent d'images. Y aurait-il place pour qu' « autre chose » existe ?

 

Oui, répond Jésus. Et ce « quelque chose » est « quelqu'un » : le Père, qui est Souffle. Le monde, notre monde froid et comme aseptisé qui broie les faibles et les nuls, a perdu le Souffle. Et ce sont les mystiques, les hommes et les femmes de prière, qui lui donnent visage parce qu'ils l'ont vu.

 

La modernité technicienne nous a rendus borgnes : nous ne voyons le monde qu'aplati ! C'est le Dieu Père qui donne au monde son épaisseur et son relief.

 

Je vous invite ici à écouter ce qu'en dit la grande mystique Thérèse d'Avila. Elle écrit à ses soeurs dans la vie monastique : « Je ne vous demande pas à ce moment (de la prière) de fixer votre pensée sur Notre Seigneur ni de faire de nombreux raisonnements, ou de hautes et savantes considérations. Je ne vous demande qu'une chose : le regarder. » Elle parle alors du regard de l'âme.

 

Je veux ajouter une autre citation, pour faire oeuvre de bon oecuméniste ! en vous citant cette fois le réformateur Jean Calvin : Il indique comment prier comme il faut : « Ce qui se fera quand notre entendement se sera débarrassé de toutes sollicitations charnelles, qui le détournent et l'empêchent de regarder droitement et purement Dieu. »

 

L'auteur auquel j'ai pris ces deux citations, protestant, a cette remarque pleine d'humour que je me fais un plaisir de vous transmettre : « Les protestants de ma jeunesse, arrivés à l'église, et avant de s'asseoir, observaient toujours ce moment de recueillement en se couvrant le visage de leur chapeau. C'était l'une des utiles coutumes d'autrefois, de nos jours entièrement disparues, une tradition d'élévation spirituelle qu'on a remplacée par des salutations, des embrassades et des bavardages qui tiennent les gens emprisonnés dans leurs problèmes terrestres et profanes. » (Carl-A. Keller, De la prière à la méditation, une mystique plurireligieuse, éd. Labor et Fides).

 

Ainsi voit-on le dialogue entre croyants de fois différentes s'enrichir pour s'épanouir dans la prière en Vérité.

 

Il faut, pour conclure, dire un mot qui aborde ce continent encore mal connu, sous l'angle plurireligieux, celui de la mystique et du Souffle. Si les prières dans le Souffle et la Vérité se rejoignent, d'une religion à l'autre, comment et pourquoi conserver nos diversités confessionnelles ? Des moines chrétiens et bouddhistes sont à l'oeuvre, ensemble, pour débrouiller les pistes. Certains théologiens chrétiens interrogent les autres traditions religieuses pour baliser les différences sans les opposer. Leur recherche n'en est qu'en ses débuts.

 

S'il y a une « adoration dans le Souffle et la Vérité » qui se vit dans chaque religion, il se vérifie qu'en fait, chacune s'enracine dans sa propre tradition sans la confondre avec les autres. Nul ne peut vivre la prière dans le Souffle sans respecter la Vérité de sa tradition. Et nul n'accède à l'Ultime sans passer par les pratiques et les prières de sa religion. Croire l'inverse n'est qu'une illusion.

 

Le théologien Karl-A. Keller déjà nommé le dit ainsi : « l'invisible des bouddhistes n'est pas le même que celui des musulmans, et l'invisible des chrétiens est différent de celui des hindouistes. Il n'est ni permis ni possible de mélanger ces configurations en faisant des choix arbitraires dans plusieurs d'entre elles, car chacune a sa spécificité inaliénable. On peut les comparer, constater des analogies, peut-être découvrir des passerelles. On se gardera scrupuleusement de la tentation titanesque de les combiner afin de créer une voie nouvelle. »

 

Spiritualité du dialogue ? Oui, cent fois, mille fois oui, lorsqu'il est porté et animé de bout en bout par le Souffle du Père. « Mon » Père est aussi « ton » Père, et je ne peux que lui rendre grâce.

 

Je conclus par cette belle citation du même :

« Le chrétien aura compris qu'en vérité ultime l'homme ne fait rien, que sur la terre et "au ciel" tout est l'oeuvre de Dieu et que sur la terre comme "au ciel" les créatures ne sont que le clavier sur lequel l'artiste divin joue ses mélodies. Des mélodies gaies et élégiaques, enchanteresses et dissonantes, mais étrangement troublantes, comme si elles languissaient après un accomplissement, étant les messagères d'un Amour qui appelle, qui attend... »

 

 

 

 

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