

Édimbourg 1910
Les débuts du mouvement œcuménique

John Mott
membre laïc de l'Église méthodiste des États-Unis
président de la rencontre
26 mai 2010
Le 14 juin 1910, à Édimbourg, 1215 délégués des Sociétés de Missions chrétiennes à l’œuvre dans le monde entier se réunirent afin de coordonner leurs diverses actions d’évangélisation. Certaines autres de ces rencontres avaient été plus nombreuses, comme celle de New-York en 1900, mais « Édimbourg 1910 » - comme on prit l'habitude de la nommer - est restée comme un jalon décisif dans la vie du monde chrétien.
Les délégués n’étaient guère représentatifs des diverses parties du monde. 1008 hommes, 207 femmes et une écrasante majorité d’occidentaux et de blancs. Les orthodoxes et les catholiques n'étaient pas là. 509 représentants de Grande Bretagne, 490 des États-Unis, 169 d’Europe continentale (de France, d’Allemagne, de Suède, des Pays-Bas), 27 d’Afrique du Sud et d’Australie - leur nombre était proportionnel au budget de leur Société -.
Vingt représentants seulement du monde non-occidental, des « jeunes Églises », comme on disait alors. Ils n’étaient d’ailleurs même pas délégués mais invités. 1 seul Noir de Côte-de-l’Or (actuel Ghana), 1 Coréen, 9 Indiens, 4 Japonais, 3 Chinois, 1 Birman, 1 Turc.
Chaque délégué pouvait disposer d’un temps de parole de 7 minutes, rigoureusement respecté. On entendit plus de 300 interventions. Mais ce fut celle de l’un des Chinois, le Dr Chang qui unit l’assemblée dans une intense émotion : il conjura les missionnaires d'Europe et d'Amérique de renoncer, en champ de missions, à leur barrières ecclésiastiques, explicables par l'histoire locale de leurs Églises, mais incompréhensibles pour ceux qui entendaient pour la première fois le message de l'Évangile.
Luthériens, réformés, méthodistes, baptistes, anglicans de la haute et de la basse Église, tous écoutaient. En évoquant la vie dans leurs champs de missions, ils réalisaient l'absurdité de leurs cloisonnements.
Ce fut alors que naquit le mouvement œcuménique qui déboucha en 1948 sur la constitution du Conseil Œcuménique des Églises.
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