Spiritualité
Qui souhaite vraiment
le divorce ?
Giles Fraser
10 décembre 2007
Lord Carey, [le précédent archevêque de
Cantorbéry] a
proféré en son temps, un certain nombre
d'absurdités. Mais la plus
stupide - et qu'il vent de répéter sur les
ondes - a certainement été que les homosexuels
ébranlaient l'institution du mariage.
Un journal américain vient justement
de publier un dessin représentant deux femmes dont l'une
dit à l'autre : « Ce ne sont pas les homos qui menacent mon
mariage, c'est cette femme hétéro qui couche avec mon
mari ! »
La position du Dr. Carey est encore plus
ridicule quand on pense que les homosexuels qui scandalisent
le plus les conservateurs comme lui sont précisément
ceux qui veulent se marier !
Un sondage publié il y a quelques
années révélait
que les évangéliques divorçaient davantage que
les athées. Ce point vient d'être vérifié
par l'institut évangélique de sondage Barna
Research Group qui montre que
27 % des chrétiens « born again » américains sont divorcés contre
24 % des autres Américains adultes. Et personne ne se
permet de dire que l'évangélisme ébranle
l'institution du mariage.
Néanmoins ce sont bien les évangéliques qui,
dans la Communion anglicane, appellent au divorce entre
libéraux et conservateurs.
Comment se fait-il que les
évangéliques soient tellement portés au
divorce ? Si
j'étais porté à spéculer je dirais que
c'est peut-être leur rigidité d'esprit qui les
empêche de supporter aucune gêne et aucun compromis.
C'est bien ce que savent les conseillers conjugaux qui disent que
l'étroitesse d'esprit mène régulièrement
les couples devant le juge des divorces.
Pour les évangéliques
conservateurs c'est toujours : « tu penses comme moi
ou tu t'en vas ».
La vie de la Communion anglicane est un
peu comme un mariage. Nous sommes
unis les uns aux autres pour le meilleur et pour le pire. Nous
voulons nous aimer et faire des choses ensemble, même quand
nous ne nous embrassons pas sur la bouche. Et nous sommes
prêts, s'il le faut pour demeurer ensemble, à faire
appel, à un conseiller conjugal.
Lorsque les évangéliques
parlent de suivre « des chemins
séparés », ils me font penser à ces
disputes conjugales puériles où l'on entend :
« c'est toi qui a
commencé, tu n'étais pas comme ça
avant ».
La vérité pure est que
beaucoup d'évangéliques sont plutôt favorables au
divorce et pas les libéraux.
Church
Times, 7.12.07
Traduction Gilles
Castelnau
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