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Où te tiens-tu
Jésus ?
pasteur Jean
Hoibian
4 décembre 2006
Il y a longtemps, très
longtemps, tu marchais,
Jésus, au milieu des hommes et des femmes de ton temps.
De la Galilée à la
Judée, en passant par la Samarie, des pays de ta croyance aux
contrées païennes, tu annonçais à tous une
bonne nouvelle :
Dieu veut changer le monde.
Depuis des siècles on attendait un
signe, celui de la réconciliation avec Dieu. D'où
découlerait une autre vie : moins de haine, moins de
violence, moins de mépris.
Je suis le
médiateur, propose
Jésus, asseyons-nous et
parlons. Jean-Baptiste avait raison : il faut changer de
comportement. C'est court une existence ! Il faut la remplir de
joie, de pardon, d'amour, d'espérance, de compassion en se
préoccupant des autres plus que de soi-même.
Vous n'y croyez pas, alors regardez et
écoutez : je guéris les malades, je console les
pauvres, j'accueille les humiliés et les offensés, je
libère les enchaînés à la Loi et à
la Morale, j'appelle chacun à prendre parti pour la vraie vie,
la justice et la paix.
En ce temps-là beaucoup croyaient
en Dieu. La métaphysique, la
transcendance étaient à la mode. Alors Jésus tu
as cru à la réussite de ton plan. Tu
disais :
Dieu est mon Père, il
est aussi le vôtre. C'est son projet que je dois
réaliser. Marchons ensemble, voulez-vous ?
Hélas ce fut
l'échec. Les forces
réactionnaires enracinées dans le coeur des hommes
furent les plus fortes. On décida de te faire taire, toi le
doux rêveur, le poète aux mains nues, l'idéaliste
sans peur. On ne put supporter ton regard, ton immense
sincérité, ta non-violence. Dans le miroir de ton
visage, l'homme se découvrait laid, jaloux et menteur.
Alors tu fus condamné,
torturé, exécuté...
Mais Dieu t'accorda une autre
vie. Tu devins le guide invisible de
l'humanité et, depuis 2000 ans ceux qui t'admirent et
t'aiment, attendent la réalisation de ton projet, celui de
Dieu : un autre monde est possible !!
Aujourd'hui Jésus, que penses-tu
du monde ? Trouves-tu que tes
partisans posent dans ce monde les signes de ta victoire sur le mal
et sur la mort ?
On me dit, je le crois, que tu marches
toujours sur les routes humaines.
Qu'y trouves-tu ? domination violente,
orgueil, ruines, lamentations, sang et larmes, pollutions
irréversibles, désespoir, appels au secours...
Ou es-tu Jésus ? Qu'attends-tu
pour intervenir ?
Les Églises s'attribuent la suite de
ta révolution éthique. Peut-on dire qu'elles te
trahissent totalement ? Non. Elles
rappellent depuis 2000 ans ta mission, ton sacrifice, ton appel
au changement de comportement. Lucides, elles te demandent
pardon car la vie des croyants est pétrie de peurs et
d'échecs.
De temps à autre, au cours des
siècles, une femme, un homme
s'avance sur ta trace. Nous admirons, nous pleurons de joie. Mais
très vite nous nous rasseyons. La vocation des saints est
exceptionnelle.
Le monde nouveau, les certitudes, les
délivrances, tes partisans les situent plutôt dans le
futur, dans l'après vie. Et la masse immense des humains
cherchent le bonheur dans l'Avoir, dans le
Paraître, ou bien ils meurent désespérés
dans le dénuement et l'oubli.
Jésus, que dis-tu de ce tragique
malentendu ? Les Églises ne peuvent-elles croire
suffisamment en toi pour se lever et s'opposer à la guerre,
à la misère, à l'injustice ? pour s'unir
aux hommes de bonne volonté, très nombreux mais
dispersés ?
Il me semble que nous ne devons jamais
renoncer à la vocation humaine que résume ta
parole :
« vous êtes
le sel de la terre »
Chacun de nous devrait donner
priorité à cette tâche
sanitaire : empêcher le
monde de pourrir !
Sortons de nos églises, regardons,
écoutons le monde, la société.
Implorons le pardon de Dieu et, avec toi,
Jésus, luttons ! Tu es là, au cœur de nos
vies.
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