Libres opinions
La reconnaissance, dynamique de renouveau
Giving Thanks as a Life Changing Dynamic
Fred Plumer
pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président de The Center for a Progressive Christianity
21 juillet 2009
Jésus n’a pas vu le jour dans un milieu privilégié. Il n’est pas né avec une cuiller d’argent dans la bouche et sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Mais il a vécu avec reconnaissance. En fait il faisait de la capacité de reconnaissance un élément dynamique du fondement de son enseignement. Il semblait surpris par l’incapacité des autres à être heureux, à faire entrer de la reconnaissance dans leur vie.
Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. Luc 12.22
Il disait cela à des gens évidemment défavorisés et qui devaient lutter pour joindre les deux bouts.
Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous !
Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés !
Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! Luc 6:20-21
Jésus était-il une sort de sempiternel Jean-qui-rit ? fonctionnait-il au haschich ? Ou connaissait-il des mystères que nous ignorons ? Qu’avait-il donc au monde qui le rendait ainsi reconnaissant ?
Il faut d’abord se rappeler qu’il se situait dans une longue tradition de prières de reconnaissance Les rabbins enseignaient à être reconnaissant en toutes choses, y compris les mauvais moment de la vie. Plus de 130 passages de la Bible invitent à être être reconnaissant pour les bénédictions reçues. Il s’agit là d’un élément fondamental de notre spiritualité.
Paul estimait que toute la vie de Jésus était une déclaration de reconnaissance pour son union avec Dieu. Jésus vivait dans la reconnaissance pour son union avec le Créateur qui est présent dans toute vie et répond à tous nos besoins.
Il me semble que pour Jésus, cette attitude peut changer la vie.
Vivre dans la reconnaissance n’est pas seulement rendre grâces pour les bonnes choses reçues ni même les heureux événements qui nous sont arrivés. C’est un style de vie, une manière d’envisager la vie, une prise de conscience de la réalité, une attitude de découverte permanente des choses.
Une des choses les plus difficiles à admettre est combien nous sommes enfermés dans le matérialisme. Nous ne comprenons que ce que nous mesurons. Nous comptons combien de bonnes et de mauvaises choses nous sont arrivées cette année - Les mauvaises nous paraissent évidemment toujours pus nombreuses que les bonnes ! Comment m’en suis-je sorti cette année ? Ai-je bénéficié d’un avancement professionnel ? Ai-je obtenu le logement que je souhaitais ? Ai-je eu des problèmes conjugaux ? Et c’est en comparant nos scores avec ceux des autres que nous décidons si nous sommes heureux et reconnaissants. Mais on est rarement satisfait du résultat, qui ne semble d’ailleurs jamais définitif. Et s’il paraissait bon l’an dernier, il est insuffisant cette année.
Évidemment cette manière de penser ignore toutes les autres dimensions de l’existence humaine qui nous donnent une plus grande joie de vivre, si du moins nous leurs sommes ouverts : beauté, grâce, amour, développement, intimité. Trop souvent nous attachons moins d’importance à nos relations sociales, à nos âmes, à la beauté de la Création qui nous entoure et qui est aussi en nous, que nous ne le faisons au montant de notre compte en banque. Nous sommes également beaucoup trop préoccupés par notre concurrence avec les autres.
En d’autres termes, pour savoir si nous sommes heureux et avons lieu d’être reconnaissants, nous regardons à l’extérieur de nous-mêmes au lieu de regarder en nous.
Un autre chose que négligeons trop est de penser que chaque jour nous apporte de nouvelles expériences et nous propose ses leçons. Nous nous passerions évidemment fort bien des plus amères d’entre elles, qui nous sont pourtant souvent les plus profitables.
A propos de notre capacité d'être reconnaissant, le plus difficile est de penser que notre attitude mentale conduit notre existence.
Gary Zukav a dit : « on devient finalement semblable à nos pensées les plus quotidiennes ». Nos motivations, nos intentions, nos simples pensées influent sur ce que nous devenons concrètement et cela, nous pouvons nous en rendre maîtres. Cette réalité est à la fois inquiétante et très libératrice !
Et si nous décidions de commencer toutes nos journées avec gratitude et reconnaissance ? Quelle en serait l’influence sur le cours de nos vies, notre santé, notre façon de voir le monde ?
Deux amis devisaient. L’un demanda :
- Quelle est ta première pensée le matin, à ton réveil ?
- Je me demande ce que j’ai envie de manger pour mon petit déjeuner.
- Moi, je me demande ce qui va arriver d’excitant aujourd’hui !
Peu importe lequel des deux amis passera la plus belle journée. Mais une chose est sûre, c’est le second qui vivra les moments les plus excitants !
Vivre dans la gratitude induit un style de vie. C’est une façon de regarder le monde. C’est une manière d’être. Et se préparer à rencontrer du nouveau et de la beauté est aussi une manière de les faire arriver.
Il n’est pas seulement excellent d’avoir de la gratitude pour ce qui est arrivé, mais notre avenir lui-même est influencé par le regard que nous lui portons par avance.
Cette semaine nous allons célébrer Thanksgiving, la fête de la Reconnaissance. Pourquoi ne pas en faire une fête sacrée ? Pensons aux choses dont, en ce moment, nous pouvons être reconnaissants et... rendons grâce. Pensons aussi à notre avenir, dont les possibilités sont illimitées et rendons grâce pour toutes les opportunités qui ne sauraient manquer de se présenter. Et découvrons que nous sommes des êtres pleins d’une vie jaillissante !
Souhaitons-nous une bonne fête de Thanksgiving !
Traduction Gilles Castelnau
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