Libre opinion
Cercle de silence
à Montélimar
pasteur Jean
Hoibian
Le cercle de silence de Montélimar continue
Mercredi 24 décembre 2008, 17 h 30 :
il y a peu de monde pour le cercle sur le parvis Daniel Chamier.
Nous commençons à 7 ou 8, mais rapidement le cercle s'élargit
et nous nous retrouvons à 25 personnes en cette veille de Noël.
En effet, de même qu'un chanteur a dit « Même pendant la guerre on chante »,
les participants du cercle savent qu'il nous faut à la fois assumer notre tristesse
face à la situation faite aux demandeurs d'asile, mais aussi continuer à célébrer ,
en famille et/ou avec les amis, les moments plus festifs qui s'offrent à nous.
Nous appelons donc toutes les personnes disponibles à venir participer
avec nous au dernier cercle de cette année 2 008, le mercredi 31 décembre de 17 h 30 à 18h.
Savez-vous que, alors qu'il y avait une dizaine cercles de silence en France quand nous avons commencé le 30 avril dernier, il s'en réunit à l'heure actuelle dans 99 villes.
Heureusement, le mot « solidarité » a toujours du sens pour beaucoup de personnes.
Nous formons le souhait que la nouvelle année apporte de meilleures nouvelles à tous ceux qui souffrent.
.
11 septembre 2008
Nous sommes des gens ordinaires, ni
violents, ni fanatiques, ni terroristes, ni fous.
Non, des citoyens ayant appris qu'à
Montélimar le gouvernement a installé un CADA (Centre
d'Accueil de Demandeurs d'Asile).
Il y a là des étrangers qui
attendent l'autorisation de pouvoir vivre et travailler en
France.
-
Ils ont dû quitter leur pays,
souvent pour des raisons de sécurité, et ils ne savent
pas où trouver refuge.
-
Ils ont tout perdu, et seuls, ou
avec leur famille, ils doivent trouver une solution pour
vivre.
-
Ils n'ont pas le droit de
travailler.
-
Leurs enfants vont à
l'école et en général, apprennent vite le
français et s'adaptent à notre vie sociale.
La réponse de
l'OFPRA (Office Français de
Protection des Réfugiés et des Apatrides) peut se faire
attendre plusieurs années et elle tombe comme un couperet,
positive ou très souvent négative sans que les
intéressés sachent pourquoi.
Pour la personne ou la famille
« refusée » c'est la
galère. Il faut quitter le
CADA et commencer une vie cachée comme tant d'autres qui se
débrouillent pour se loger et travaillent clandestinement,
plus ou moins exploités par des patrons satisfaits de cette
main d'oeuvre.
L'un de ces clandestins
déclare : « Je
voudrais tant pouvoir sortir et marcher dans la rue sans trembler de
peur ».
Car la police a des ordres et elle est
contrainte à « faire
du chiffre ».
Et voilà ce que nous ne pouvons
pas accepter : des
méthodes expéditives d'interpellation, d'arrestation,
d'enfermement dans des centres de rétention (véritables
prisons où sont mêlés adultes, mères avec
bébés ou enfants, personnes âgées, parfois
malades ou handicapées) et d'expulsion (le retour, dans
certains cas, aboutit à de l'enfermement, voire à des
tortures ou à la mort.)
Notre trouble prend source dans notre
conscience, dans notre conviction morale que les fondements
éthiques de notre pays sont violés.
Il nous paraît
insupportable que la police puisse
recevoir l'ordre de frapper à l'aube à la porte d'un
foyer ou d'un logement (voire la fracturer) pour passer les menottes
à des parents devant leurs enfants terrorisés ; de
saisir des enfants dans des écoles maternelles ou primaires,
malgré les protestations des enseignants et l'émotion
des autres élèves.
Les policiers interpellent les
étrangers dans les gares, alors qu'ils se rendent au travail.
A tout moment un étranger risque de perdre sa
liberté.
Or s'agit-il de gens violents ?
dangereux ? ayant commis des actes délictueux ?
Non ! Ils ont le malheur
d'avoir choisi la France comme lieu de refuge, la France des Droits
de l'Homme, la France terre d'Asile, la France dont la richesse
culturelle et sociale tient à son accueil
généreux de siècle en siècle. La France
qui compte tant de gens célèbres dont l'origine est
étrangère !
Trois articles de la déclaration
des droits de l'homme et du citoyen,
nous interpellent particulièrement :
Art. 1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en
dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de
conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit
de fraternité.
Art. 13
:
Toute personne a le droit de
circuler librement et de choisir sa résidence à
l'intérieur d'un état.
Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et
de revenir dans son pays.
Art. 14 : Devant la persécution, toute personne a le
droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile
d'autres pays.
Des discours, des promesses, concernant
l'accueil des étrangers demandeurs d'asile, nous en avons
entendu beaucoup. Mais rien n'a suivi, alors nous avons
décidé de protester dans le silence, d'une
manière non violente. Déjà dans une dizaine de
villes françaises des CERCLES
de SILENCE se manifestent.
Notre espoir est
double :
-
que les Autorités
françaises entendent notre objection de conscience et
humanisent la législation concernant les
étrangers.
-
que vous décidiez de nous
rejoindre pour obtenir humanité et tolérance, pour des
personnes qui souffrent afin d'essayer de vivre en France .
Régulièrement nous viendrons
dans la rue avec notre silence et nos panneaux tous les mercredis de
17h30 à 18h30, sur le parvis Daniel Chamier.
Si vous désirez des
explications sur notre prise de
position, vous pouvez contacter les personnes suivantes :
-
Jean GONTARD 04 75 46 20
82
-
Patricia BOUGON 06 76 18 82
72
Le collectif du Cercle Silencieux de
Montélimar
Le Cercle de Silence a déjà
reçu le soutien des Associations montiliennes
suivantes :
RESF (Réseau Education Sans
Frontières), ASTI (Association de Soutien à Tous les
Immigrés), LDH ( Ligue des Droits de l'Homme), FLE ( Faciliter
le Langage aux Enfants), ACAT ( Action des Chrétiens pour
l'Abolition de la Torture), ACO (Action Catholique Ouvrière),
DEI (Défense de l'Enfabnt International),
ATTAC-Montélimar
(Association pour la Taxation des
Tansactions pour l'Aide aux Citoyens), FCPE (Fédération
des Conseils de Parents d'Elèves), Artisans du Monde, Amnesty
International, Montélimar-Mosaïques, Intergroupe Marcel
Pagnol, CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le
Développement), Mouvement Jeunes femmes,
Collectif Citoyen de Dieulefit, Entraide
Protestante, Groupe Musical «Manbouss ».
Que pouvez-vous faire ?
-
Venir quand vous le pouvez vous
joindre au cercle ;
-
Faire connaître le cercle
autour de vous ;
-
Soutenir financièrement
(chèques à l'ordre de ASTI-Montélimar à
remettre à un des responsables du cercle) pour nous aider
à couvrir les frais de défense des familles
menacées.
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