Libre opinion
Espérance de
paix et de justice
Hope for Peace and
Justice
Reverend Michael
S. Piazza
pasteur de la
Cathedral of
Hope, Dallas,
Texas
26 janvier 2006
J'ai lu récemment :
« le rôle d'un
artisan de paix est d'arrêter la guerre, de purifier le monde,
de le délivrer de la pauvreté et des riches, de
guérir les malades, de consoler les attristés,
d'éveiller ceux qui n'ont pas encore trouvé Dieu, de
susciter partout la joie et la beauté, de reconnaître la
présence de Dieu partout et en chacun. »
Je suis profondément
troublé par l'histoire que
tous les médias répercutent actuellement, de ces trois
jeunes gens qui parcouraient la ville de Fort Lauderdale, en Floride,
en pourchassant les sans domicile fixe avec des battes de baseball,
ce qui me fait horreur. Je suis de ceux qui juge monstrueuse une
telle conduite, sauvage et inhumaine.
Mais il faut bien reconnaître
qu'ils nous ressemblent et que nous sommes comme eux.
- Notre
Président, dont nous disons qu'il est le « chef du monde
libre », autorise la
torture et l'espionnage de nos concitoyens sans aucune
justification.
- Le 20e siècle a
été le plus violent de l'histoire des hommes :
première et deuxième guerre mondiale, dans laquelle
notre pays a jeté deux bombes atomiques, guerre de
Corée, du Vietnam, guerre du Golfe, d'Irak, d'Israël, de
Palestine.
- En ce moment-même, deux tiers des pays du monde
au moins traversent une guerre ou un génocide dans lequel les
États-Unis sont impliqués d'une manière ou d'une
autre. Nous vendons d'ailleurs fréquemment des armes aux deux
parties en présence.
- Nous portons des jugements sur la manière dont
les autres pays respectent les droits de l'homme et nous mettons
à mort nos propres citoyens dans des chambres à gaz,
sur des chaises électriques et avec des injections de
poison.
- Dans le monde entier, seule la Chine met plus de
monde en prison que nous.
Le drame de Floride est horrible, mais il
n'a rien d'exceptionnel. Les
médias rapportent quotidiennement les multiples manifestations
de la perversité humaine et de l'inhumanité de notre
conduite les uns à l'égard des autres et à
l'égard de la création.
On peut penser ce qu'on veut de la conduite
de ces jeunes - et loin de moi l'idée de les
excuser - mais ils sont comme nous. C'est nous, c'est notre
société qui les a engendrés. Le mal et
l'inhumanité demeureront dans notre société tant
que nous n'aurons pas manifesté la volonté
nécessaire pour la réorienter et la guérir.
C'est de nous qu'il s'agit, individuellement - vous et
moi - et collectivement : nos familles, nos
communautés, nos États, notre nation.
Il ne faut pas nous contenter de dire ces
choses, nous devrons aussi nous
engager et accepter les sacrifices nécessaires pour rendre ces
possibles ces changements.
Je ne
prétends pas être un expert sur la question de la
paix et de la manière de
créer une culture de paix. J'en cherche le chemin, tout
simplement, comme vous et moi. Mais je suis convaincu d'une
chose : il nous faut avoir les yeux et le coeur de Dieu
lui-même pour regarder correctement le monde et
l'humanité.
C'est seulement ainsi que nous pourrons aimer inconditionnellement,
sans juger ni rien exiger. Il nous faut simplement reconnaître
accepter que nous avons une part de responsabilité dans ce qui
est déréglé en nous et dans le monde.
Traduction Gilles
Castelnau
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