Spiritualité
Quand je dis
Dieu
James Adams
4 mars 2008
La question de Dieu se pose.
Non pas la question de savoir qui
est sauvé ou le sens qu'il faut donner aux sacrements, mais la
question fondamentale : qu'entend-on en disant « Dieu ». Sommes-nous encore capables de parler de
Dieu ?
On me demande parfois ce que je crois de Dieu. Je réponds que
je préfère parler de Dieu que discuter la foi que j'en
ai. Personne n'est obligé de comprendre Dieu comme moi. Mais
si nous voulons en parler ensemble, il faut bien être au clair
sur nos idées respectives.
Quand je dis Dieu, je peux me référer à la
création du monde comme le physicien Stephen Hawking, qui
raconte que l'univers a commencé à partir d'une
énorme concentration de matière de la grosseur d'un
petit pois, puis qu'il y a eu le big bang et toute la suite.
Quand je dis Dieu, je peux aussi parler de la manière dont va
le monde alors que sais bien comment il devrait aller. Le monde est
plein de crimes, de catastrophes et de désastres de diverses
sortes, alors que nous savons bien qu'il devrait être plein
d'amour, de justice et de paix. Parler de Dieu me renvoie alors
à l'origine de cette idée d'un monde qui devrait
être plus heureux.
Quand je dis Dieu, je peux parler des images qui surgissent pour
décrire cet idéal. Par exemple dans l'Évangile
de Jean, la merveilleuse image que Dieu est amour. L'auteur du
quatrième Évangile (ou son éditeur) n'a pas dit
que Dieu était aimant, ou que Dieu nous donnait l'amour, mais
que « Dieu est
amour ». Cette formule se
retourne : « l'amour
est Dieu ». Penser de
telles métaphores est une de nos merveilleuses
capacités.
Quand je dis Dieu je pense aussi à ce « Tu » à qui je dis ma prière, en
présence de qui je dis mes angoisses les plus profondes, mes
désirs les plus grands, mes espoirs les plus importants,
à qui je dis mes mesquineries et mes hontes. Un de mes amis
disait : « le Dieu
à qui je parle et devant qui je me
lamente ». C'est en sa
présence seule que je peux me retrouver moi-même avec un
minimum d'honnêteté.
Quand je dis Dieu je parle aussi de mon désir de justice et de
responsabilité pour le monde. Dieu est celui devant qui
je peux déverser ma colère sans qu'elle s'abatte sur
quelqu'un qui n'en aurait pas besoin. Dieu est aussi le
« Tu » à
qui je peux dire ma reconnaissance, afin de ne pas m'attribuer pas le
mérite de la chance qui a pu tourner en ma faveur.
Vous pouvez comprendre Dieu tout
autrement. Mais il est toujours
instructif d'échanger nos idées. Nous sommes ensemble
en route et il est bon de chercher ensemble. Il est bon aussi
d'échanger avec ceux qui s'éloignent de
l'Église : nous les encouragerons à approfondir
leurs idées et ils nous encourageront à poursuivre
notre quête de vérité et de sens.
Traduction Gilles
Castelnau
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