Que peut-on croire aujourd'hui
Naissance
miraculeuse
et résurrection corporelle
de Jésus
Gilles
Castelnau
L'évangéliste Luc
écrit clairement à son correspondant Théophile
que son récit a pour but
qu'il reconnaisse la certitude du « catéchisme » qu'il a reçu (Luc 1.4) et Jean termine
son texte de manière analogue (Jean 20.31). Leur but
n'est pas de faire oeuvre d'historien ou de journaliste rapportant
des faits précis mais de transmettre un enseignement
religieux.
A l'époque où ces textes ont
été écrits, on vivait dans un monde
enchanté, on ne faisait pas de différence entre
« vérité » historique et « vérité » spirituelle. On a compris aujourd'hui qu'il ne faut
pas confondre les genres. Ce serait faire violence aux textes que de
leur faire affirmer des « vérités » scientifiques non crédibles et ce serait
faire acte d'incompréhension que de les rejeter comme
absurdes.
Les vérités spirituelles sont
normalement exprimées dans un langage de métaphores
qu'il faut décrypter. Ce ne sont pas les images qui sont
« vraies », c'est le sens qu'elles désignent :
quand le doigt désigne la lune ce n'est pas le doigt qu'il
faut regarder !
D'autant que nos connaissances ne nous
permettent plus de prendre à la lettre certaines de ces
images : à la différence de Luc narrant
l'Ascension de Jésus, on sait aujourd'hui que la terre est
ronde et qu'un corps qui s'élève verticalement n'arrive
pas au paradis mais se satellise en orbite !
Les récits de la mort de
Jésus sur la croix
présentent celle-ci comme un événement dont le
sens profond dépend, certes, de la foi de chacun, mais dont
tous les passants de Jérusalem pouvaient être
témoins.
Les récits de la résurrection
de Jésus sont d'un genre différent : les passants
n'auraient pu en être témoins. Un journaliste
présent lors des apparitions du Ressuscité n'aurait
rien pu saisir comme image ou comme son.
La Résurrection du Christ n'est pas
moins « vraie » que sa mort ; elle se situe à un autre
niveau d'existence.
Nous prendrons néanmoins garde de ne
pas commenter ces textes de manière critique et
négative alors qu'ils multiplient au contraire les
représentations enthousiastes pour témoigner du
surgissement créateur de la vie au travers des forces de mort
qui nous harcèlent et nous angoissent.
Quant à la naissance miraculeuse
de Jésus mentionnée
par Matthieu et Luc, elle est ignorée par les auteurs les plus
anciens du Nouveau Testament (Paul, Marc).
On croyait à l'époque, que le
corps féminin était comme un vase destiné
à recevoir la semence masculine qui seule, comme une graine
d'arbre ou de plante, constituerait le corps de l'enfant. On ignorait
les chromosomes et on ne savait pas que c'est l'homme qui fournit les
chromosomes XY.
La conception virginale n'aurait pu
être constatée, chez Marie, par un
gynécologue.
Nous comprenons bien qu'elle désigne
à notre foi l'origine réellement divine de
Jésus, de son esprit et de son ministère.
Nous nous garderons d'en faire un
argument polémique que nous
prétendrions opposer par exemple aux récits bouddhistes
qui sont encore bien plus surnaturels, avec des pluies de fleurs, une
musique céleste qui retentit et le nouveau-né qui
marche vers la quatre points cardinaux en prononçant des
paroles fondamentales !
Comme si leurs récits merveilleux étaient
« faux » et les nôtres « vrais ».
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