27 décembre 2008
Cette Commission de l’Environnement vient de publier les thèses que voici
que je me propose de critiquer
1. Dieu est la Créateur
2. God vit la Création. Il déclara qu’elle était entièrement bonne et il confia une mission particulière à chacune de ses parties
3. On peut reconnaître la présence de Dieu dans toute la Création.
4. Dieu a insufflé la vie en toutes les créatures de sorte qu’elles doivent toutes le louer comme leur Créateur.
5. Les humains ont particulièrement été créés à l’image de Dieu. Ils ont la possibilité de choisir consciemment de vivre en relation avec leur Créateur.
6. Dieu a confié à l’homme la responsabilité divine de protéger la Création et de lui dispenser les dons de Dieu pour le bien de tous.
7. Refusant de reconnaître leur dépendance de Dieu et leur interconnexion avec l’ensemble de toute la Création, les hommes faillissent à leur responsabilité et introduisent le désordre dans la Création de Dieu.
8. Depuis l’origine des temps, Dieu a appelé les hommes à participer à son dessein primordial d’une Création d’un ordre parfait. Mais ceux-ci l’ont altéré en se situant eux-mêmes au centre de la Création.
9. En Christ, perfection de la Création de Dieu, Dieu rétablit l’ordre cosmique et le véritable but de la Création et nous rend tous capables de vivre dans une harmonie restaurée les uns avec les autres, avec Dieu et avec toute la création.
10. L’Esprit de Dieu rend les hommes capables d’aimer et d’adorer Dieu, reflétant ainsi l’amour fondamental de Dieu et l’harmonie des diverses parties de la Création.
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La Commission de l’Environnement.du Diocèse anglican de Colombie-Britannique espérait que sa Déclaration serait un « témoignage pour toute l’Église et au-delà même des communautés chrétiennes ». Mais si elle peut, en effet, trouver l’oreille des croyants, je doute qu’elle ait du sens dans le monde profane.
Celui-ci critiquerait premièrement l’affirmation du point 8 que Dieu aurait eu « un dessein primordial d’une Création d’un ordre parfait » et celle du point 10 selon laquelle les hommes « reflèteraient l’amour fondamental de Dieu et l’harmonie des diverses parties de la Création. »
En effet tout observateur attentif de la nature ne peut manquer d’y voir de nombreux exemples de désordre, d’imperfection, de cruauté et de conflits. Charles Darwin disait :
Je reconnais que je ne suis pas comme d’autres, capable de voir aussi clairement que je le souhaiterais les marques du dessein bienveillant qui nous entoure. Il y a trop de malheur dans le monde.
Je ne parviens pas à me persuader qu’un Dieu bon et omnipotent ait délibérément créé l’ichneumonidé dont les larves se nourrissent de chenilles vivantes ou qu’il ait programmé le chat pour qu’il joue avec les souris avant de les dévorer.
Les chrétiens ne sont probablement émus ni par les chenilles dévorées vivantes par les larves qui se développent dans leur ventre, ni par les souris torturées par les chats. Mais je me demande comment des chrétiens qui se sentent « capables de vivre dans une harmonie restaurée avec toute la création » ne manifestent pas davantage de compassion pour les phoques sacrifiés par les ours blancs ou pour les rennes déchirés et dévorés par les loups.
Je me demande s’ils seraient émus par la conduite des chimpanzés décrits récemment dans le New York Times par Michael Wilson, professeur d’anthropologie à l’université du Minnesota :
Lorsqu’ils chassent les singes rouges colobus, s’ils ne les tuent pas tout de suite, ils les immobilisent et les dévorent vivants. Les hommes ne peuvent regarder sans émotion le singe se débattre et hurler pendant les chimpanzés leur arrachent les entrailles.
Comment parler encore d’ordre, de perfection, d’amour, d’harmonie ?
Déjà les anciens reconnaissaient le désordre, l’imperfection, la cruauté et les conflits de la nature. Le prophète Ésaïe, au contraire, avait une vision de la nature telle qu’elle devrait être :
Le loup habitera avec l'agneau,
Et la panthère se couchera avec le chevreau ;
Le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble,
Et un petit enfant les conduira.
La vache et l'ourse auront un même pâturage,
Leurs petits un même gîte ;
Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. (Es 11.6-7)
L’éventualité que les loups, les ours, les panthères et les lions deviennent végétariens semble évidemment lointaine, mais cette vision d’animaux vivant en paix les uns avec les autres a eu une grande importance pour ceux que la méchanceté de la nature horrifiait.
Edward Hicks (1780-1849), entre autres, s’est efforcé de représenter, dans le tableau ci-dessus, la nature telle qu’elle devrait être. La différence entre ce tableau et la réalité saute aux yeux. L’ordre de la nature est véritablement mauvais.
Finalement qui est responsable ?
La Commission de l’Environnement.du Diocèse de Colombie-Britannique affirme que c’est l’homme qui « introduit le désordre dans la Création de Dieu ». (point 7) et que ce « dessein primordial d’une Création d’un ordre parfait » fut altéré par les hommes lorsqu’ils se situèrent eux-mêmes au centre de la Création. (point 8).
Il est vrai que les hommes peuvent effectivement avoir un impact négatif sur l’environnement, mais ce ne sont pas les hommes qui ont pu « introduire le désordre dans la Création ». Des scientifiques comme Stephen Jay Gould ont démontré que le désordre a été la norme depuis l’origine de la terre.
D’ailleurs, aucun scientifique digne de ce nom, n’accepte l’idée que la terre aurait été formée selon un dessein originel de sorte que les hommes n’ont jamais pu trouver d’ordre et de perfection qu’ils puissent altérer.
Je crains que cette déclaration de la Commission de l’Environnement ne soit considérée par les scientifiques comme basée sur des prémisses erronées.
D’autres affirmations sont également inacceptables : la Création serait « entièrement bonne » dans la mesure où elle a été créée par Dieu. Mais essayez de convaincre un malade du sida que tous les rétrovirus sont bons ou une personne atteinte par la malaria que tous les parasites le sont.
A moins que vous ne croyiez que le Dieu d’amour a créé avec amour ces petites formes de vie dans le but d’opérer une sélection des humains les plus résistants, vous conviendrez sans doute que bien des éléments de la nature ne sont pas bons du tout. Ils sont les ennemis des formes de vie plus développées et il faut que les hommes poursuivent leur œuvre d’éradication des éléments pathogènes qui provoquent maladies, souffrance et mort.
Les idées exprimées dans cette déclaration n’entraîneront sans doute pas d’adhésions en dehors des cercles religieux mais je pense que tous les véritables défenseurs de l’environnement seront heureux de voir les Églises se préoccuper de la vie de la planète.
Une coopération est possible entre croyants et laïcs pour la sauvegarde de la nature dans le respect des diverses convictions.
Si les chrétiens veulent obtenir le respect des scientifiques évolutionnistes, il doivent réfléchir à leurs formulations théologiques. Employer les mots « Dieu », « Dessein » ou « Création » dans une même phrase fait immédiatement penser à la doctrine du « Dessein intelligent » soutenue par les fondamentalistes qui parlent même de « Science de la Création ».
La situation au Canada est peut-être tout autre, mais ici aux États-Unis, les fondamentalistes chrétiens ne cessent de miner l’enseignement scientifique des écoles publiques.
Je pense que la position des chrétiens auraient plus de poids dans lutte pour la protection de l’environnement s’ils abandonnaient le langage de la Création et se contentaient de mettre l’accent sur la responsabilité personnelle et collective.
Autrement dit, nous serions plus efficaces dans notre défense de la planète si nous parlions morale plutôt que théologie.
Les gens s’attendent, à juste titre, à ce que les chrétiens prennent des positions éthiques sur les grands sujets de la vie et nous pouvons parfaitement le faire sans mentionner sans cesse Dieu pour justifier de nos positions.
On ne néglige certainement pas le commandement d’aimer notre prochain comme nous-même si l’on souligne la nécessité d’y inclure les générations futures ainsi que les autres formes de vie.