Spiritualité
Réponses
d'un évêque épiscopalien
John
S. Spong
.
Le christianisme
peut-il mourir ?
devrait-il
mourir ?
mourra-t-il ?
2 mars 2004
Ma réponse est simple :
oui ! Et si le christianisme
peut mourir, alors qu'il meure ! il mourra !
Si le christianisme a besoin de vous et moi pour le défendre
d'ennemis réels ou imaginaires, il est certainement mal
parti.
En fait, la question est : où
est le christianisme ?
Là où le Pape le
voit ? ou Billy Graham ? ou Jerry Falwell, Robert Schuler
et les autres télévangélistes
américains ?
Poser cette question montre bien qu'il n'y a pas de consensus sur la
nature du christianisme.
Le christianisme a dramatiquement
changé au cours des siècles : il fut un temps où le Pape
était marié, où l'Église disait que le
prêt à intérêt était un
péché, où l'esclavage était permis et
où les dissidents étaient brûlés vifs.
L'Église n'a pas élaboré le dogme de
l'Incarnation avant le 4e siècle et celui
de la sainte Trinité n'a pas été complet avant
le 5e siècle.
On a jadis enseigné qu'Adam et Eve avaient réellement
existé, que Moïse avait écrit la Torah et David
les Psaumes. On ne le croit plus de nos jours dans les grandes
facultés de théologie.
On sait aujourd'hui que la Naissance miraculeuse de Jésus a
été enseignée aux alentours de
l'année 90 et que ni Paul ni Marc n'en ont jamais entendu
parler.
Tout ceci pour montrer que les doctrines
chrétiennes ne sont pas un
système fixe qui serait né à la première
Pentecôte et qui pourrait mourir au 21e siècle. Le
christianisme est une voie que les gens suivent sur le chemin de
Dieu. Le christianisme est comme la mer, dont les vagues sont
toujours en mouvement et toujours changeantes mais dont l'eau demeure
toujours la même.
Chaque fois qu'on a voulu défendre
le christianisme, ou le
protéger, on l'a figé dans des dogmes, il est devenu
une idole. Les idoles meurent. Mais un mouvement par lequel le Dieu
vivant se révèle ne meurt jamais. Le christianisme peut
changer mais il ne peut pas mourir. Sa forme est mortelle, ses credo,
ses doctrines, ses dogmes, tout ce qui en lui est le produit de
l'élaboration humaine, car personne ne peut posséder
l'immuable vérité éternelle.
Renonçons donc à
posséder une vérité absolue qui ne périrait jamais et laissons-nous
emporter par le grand courant du christianisme : il nous
emmènera profond dans le mystère de Dieu et il
dépassera toute intelligence.
Traduction Gilles
Castelnau
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Spong"
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