John S. Spong
Dieu, l'Église
et... nous
John Shelby
Spong
8 septembre 2005
Ce sont les hommes qui ont élaboré les doctrines de
Dieu. Les credo et les
systèmes religieux sont évidemment à la merci de
toutes les manipulations imaginables provoquées par
l'insatiable désir de pouvoir humain.
La vérité est toujours
subjective et elle change selon les générations. S'il
existe une vérité objective et éternelle, aucun
humain ne la possède, aucun humain ne peut même la
connaître vraiment et aucun humain ne peut la fixer par
écrit. Prétendre le contraire relève d'une
arrogance religieuse inacceptable et relève du
péché d'idolâtrie.
Les « Vérités » que l'on dit, bien à tort « révélées » relèvent plutôt de la conception que
l'on se fait de la réalité, du niveau de connaissances
que l'on a atteint et du temps dans lequel on vit. Ainsi des
affirmations comme « Notre
pape est infaillible »,
« notre Bible est
inerrante » ou
« ma religion enseigne
l'unique chemin menant à Dieu ».
La plupart des systèmes religieux
tombent dans ce travers car la
certitude, même si ce n'est qu'une prétendue certitude,
semble apporter un sentiment de sécurité qui rassure
ses adhérents.
Mais l'histoire moontre malheureusement que
chaque fois qu'un groupe religieux s'est prétendu investi
d'une telle certitude, il a basculé dans l'inhumanité
et a menacé la vie de ceux qui contestaient sa pensée
unique.
La critique que vous faites des actions de
l'Église dans les siècles passés me semble
parfaitement juste et doit être entendue.
D'un autre côté il faut bien
reconnaître que ce ne sont pas
les élaborations humaines de l'idée de Dieu qui
fournissent la moindre expérience de la Transcendance, de la
Sainteté, de l'Autre que nous nommons Dieu. C'est pourquoi
autant il est légitime de discuter les explications humaines
que l'on fait de Dieu, autant on ne peut rien dire de la
réalité de l'expérience spirituelle.Et c'est de
cette expérience que surgissent les systèmes religieux.
Je vis à l'intérieur du
système religieux chrétien. C'est sur la voie du Christ
que je m'approche du mystère et de l'émerveillement de
Dieu. Je ne prétends pas que mon chemin soit le seul vrai ni
que ma vérité soit la seule juste. Dieu seul est la
Vérité et je sais que je ne possède pas Dieu. Je
chemine seulement vers lui.
En considérant la vie de
Jésus, je me trouve en présence de celui qui est
pleinement vivant, qui est totalement et absolument amour. De celui
qui ne craint pas de mettre en oeuvre toutes les potentialités
qui sont les siennes.
Je comprends que c'est Dieu que je rencontre
dans chaque expérience de la plénitude de la vie, de
l'authenticité de l'amour et du Fondement de l'Être
et... dans la vie de Jésus.
Finalement, je prends profondément
au sérieux la parole que
l'auteur du 4e Évangile
met dans la bouche de Jésus pour décrire son
ministère :
« Je suis venu afin qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient
en abondance ».
Si ces mots présentent le dessein du
Christ, ils doivent donc décrire également le dessein
de l'Église et nous devons entrer dans cette vision. Le
ministère de l'Église est donc de construire un monde
dans lequel chacun bénéficie des meilleures conditions
d'une vie pleine, d'un amour authentique et de mise en oeuvre de
toutes ses potentialités personnelles.
C'est pourquoi tout ce qui nuit à
l'épanouissement de la vie de quiconque, que ce soit pour des
raisons de race, d'origine ethnique, d'orientation sexuelle ou
même de religion représente le mal et doit être
combattu.
De même, tout ce qui contribue
à l'épanouissement de la vie et de l'amour, tout ce qui
encourage les hommes à développer leurs
potentialités représente le bien et doit être
encouragé.
Cela me paraît évident.
L'action que je poursuis notamment en faveur
des homosexuels, n'est pas en marge mais en plein coeur du
christianisme.
Traduction Gilles
Castelnau
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